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APPEL A COMMUNICATIONS
Les liens entre l'enseignement des langues étrangères et les méthodes,
stratégies et activités qui sont mises en œuvre en classe de langue française
comme langue étrangère ou seconde, d'une part, et les développements de la
linguistique théorique et descriptive, d'autre part, sont unanimement acceptés
et affirmés pratiquement par toutes les approches en didactique.
Traditionnellement, on parle de la linguistique appliquée à la didactique des
langues, les paradigmes de l’approche théorique en linguistique étant
déterminants, avec ceux qui se développent en psycholinguistique, pour
l’approche de l’acte didactique, laquelle s’applique à la pratique enseignante.
Cette démarche d’application des modèles linguistiques et des modèles
d’acquisition à la mise en œuvre du modèle d’enseignement se situe à deux
niveaux de la pratique enseignante :
- au niveau de la programmation didactique, entendue comme l’élaboration du
corpus de savoirs et savoir-faire à faire acquérir : le syllabus
- au niveau de la programmation méthodologique, entendue comme l’élaboration de
méthodes, stratégies et techniques d’enseignement.
L'histoire des « méthodologies de l'enseignement des langues » (voir Puren,
1988), de nombreux autres ouvrages de synthèse et d'analyse de l'interface
linguistique – didactique (Galisson & Coste, 1976, Galisson, 1990, Coste (dir.),
1994, Martinez, 1996, Cuq & Gruca, 2002, Cuq, 2004, Pescheux 2007) font tous
apparaître cette démarche d'investissement des résultats de la réflexion et de
la recherche en linguistique dans la didactique des langues étrangères et
secondes :
-
investissement direct, par « les inflexions », voire des changements, voire
même des bouleversements dans les programmes et des activités proposées, une
approche nouvelle, liée à un nouveau paradigme en linguistique, chassant
l'approche en cours, comme lors de l'apparition des méthodes structurales, des
méthodes directes, des méthodes communicatives;
-
investissement dans l'analyse des concepts proposés en didactique (la
compétence de communication récupérée et redéfinie par les approches
actionnelles du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues), ou dans la
description de l'objet du processus d'enseignement – apprentissage.
Les débats autour de l'applicationnisme / versus /implicationnisme en didactique
des langues étrangères ou en didactologie des langues étrangères concernent
également la formation des enseignants et des formateurs des enseignants dans ce
domaine, sous les différentes formes que la formation initiale et la formation
continue connaissent à travers le monde : des masters, des certificats, etc.
Dans la relativement récente perspective « praxéologique » de la « science
action », proposée par Argyris et Schön (Argyris, C & Schön, D., 1974, 1978,
1996) et développée depuis en formation des adultes ou dans les travaux de
didactique (voir, entre autres, Argyris, C., Putnam, R. & Mclain Smith, D.,
1985, Barbier, JM, 1996, Galatanu, O.,1996, Galisson & Puren, 1999, Barbier, JM
& Galatanu, O., 2004, Pescheux, M.2007), l'analyse et la théorisation des
pratiques sociales, en l'occurrence des pratiques enseignantes, est la base même
de la programmation de ces mêmes pratiques, à partir d'hypothèses d'action.
Cette perspective intervertit les deux pôles de l'interface linguistique –
didactique des langues. La pratique enseignante, conçue comme une forme de
communication, où prennent place des interactions verbales et non verbales, de
même que les discours sur cette forme de communication deviennent le point de
départ d'une discipline scientifique, que nous pouvons concevoir comme une
« didactique analytique » et d'une discipline professionnelle, que nous
pourrions appeler « la didactique prescriptive et évaluative » .
L'analyse du discours, et l'analyse des interactions verbales, très présentes
dans les recherches en didactique du FLE/FLS, parce qu'elles offrent les outils
pour rendre compte des pratiques enseignantes, deviennent, dans cette
perspective également sources de programmation didactique et méthodologique,
nourrissant la réflexion professionnelle des concepteurs de programmes, cursus
et manuels et se nourrissant en retour des données qu'elles recueillent et
analysent.
Ce colloque, organisé conjointement par les équipes d'enseignants et
d'enseignants chercheurs du département de français de l'Université de Yarmouk
et de l'Institut de Recherche et de Formation en Français Langue Etrangère de
l'Université de Nantes, équipes pédagogiques des masters de FLE de ces deux
universités, a pour but de ré-interroger ces liens complexes entre la linguistique,
et en particulier l'analyse du discours et des interactions verbales dans la
communication didactique, et la didactique de l'enseignement du français langue
étrangère / seconde, en essayant de centrer la réflexion sur trois axes :
-
le processus de construction du sens discursif et
l’acquisition des significations linguistiques, dans et par les interactions
dans la communication didactique en classe de français langue étrangère (FLE) ou
seconde (FLS), français sur objectifs spécifiques (FOS) et français sur
objectifs universitaires (FOU), ou dans les dispositifs d’enseignement à
distance,
-
sur l'analyse des discours que les institutions, les
concepteurs de programmes et méthodes, les enseignants et les apprenants du FLE
portent sur la langue française comme objet d'enseignement, d'apprentissage,
mais aussi comme instrument de communication, sur les représentations que ces
discours proposent du français, de son enseignement et de son apprentissage,
-
sur les discours didactiques, entendus comme des discours
analytiques ou prescriptifs de pratiques enseignantes dans le domaine des
langues étrangères.
Le colloque s'adresse
aux professeurs de français et aux chercheurs francophones dans les domaines
esquissés dans cet appel à communications, en particulier aux
professeurs de français jordaniens, mais également à des professeurs de français
d'autres pays limitrophes de la Jordanie.
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